Histoire-Géographie — XVIIe-XVIIIe siècles
Tensions et crispations de la société d'ordres
Résumé
À la fin du XVIIIe siècle, la société française est organisée en trois ordres : le clergé (premier ordre, environ 130 000 personnes), la noblesse (second ordre, environ 350 000 personnes) et le tiers état (98 % de la population). Le clergé et la noblesse sont des ordres privilégiés : ils sont exemptés d'impôts (taille) et occupent les postes les plus élevés. Le tiers état, très hétérogène (bourgeoisie riche, artisans, paysans), supporte l'essentiel de la charge fiscale. Cette société d'ordres est de plus en plus contestée. La bourgeoisie, enrichie par le commerce et influencée par les Lumières, réclame une participation au pouvoir politique proportionnelle à son poids économique. La crise financière de l'État (dette accumulée par les guerres et les dépenses de la cour) pousse Louis XVI à convoquer les États généraux en mai 1789. Les tentatives de réformes fiscales (Turgot, Calonne, Necker) se heurtent à l'opposition des privilégiés. La crise économique de 1788 (mauvaises récoltes, hausse du prix du pain) aggrave le mécontentement populaire et prépare le terrain de la Révolution.