Résumé synthétiqueFiche en 3 sectionsQuiz de 10 questionsGratuit, sans pub
Résumé
L'art est une activité créatrice qui produit des oeuvres destinées à susciter une expérience esthétique. La question centrale est celle du beau : est-il universel ou subjectif ? Platon considère qu'il existe un Beau en soi (une Idée), tandis que Kant, dans la Critique de la faculté de juger (1790), affirme que le jugement de goût est subjectif mais prétend à l'universalité (« le beau plaît universellement sans concept »). Hegel voit dans l'art l'expression sensible de l'Esprit absolu, et distingue trois stades : art symbolique (pyramides égyptiennes), art classique (sculpture grecque, le Parthénon) et art romantique (peinture, musique — La Joconde de Vinci). L'art imite-t-il la nature (mimesis selon Platon, qui condamne l'art comme copie de copie) ou la perfectionne-t-il (Aristote, Poétique) ? La peinture abstraite (Kandinsky, Mondrian) prouve que l'art peut se libérer de la représentation. L'art contemporain (Duchamp et son urinoir Fontaine en 1917, Warhol et le Pop Art) repousse les limites de la définition même de l'art. Sartre défend l'art engagé : l'artiste a une responsabilité sociale.
Quand je dis « c'est **beau** », est-ce une propriété de l'objet ou un simple goût personnel ? **Platon** place le **Beau** parmi les Idées éternelles ; **Kant** montre que le **jugement de goût** est subjectif tout en prétendant à l'universalité ; **Bourdieu** rappelle qu'il est aussi socialement **construit**.
Le **beau** est-il **objectif** (inscrit dans l'objet) ou **subjectif** (dans le regard du spectateur) ?
**Platon** : le **Beau en soi** existe comme **Idée** éternelle ; les belles choses sensibles n'en sont que des reflets.
**Kant** (Critique de la faculté de juger, 1790) : le beau « plaît **universellement sans concept** », par un plaisir **désintéressé**.
Le **jugement de goût** est subjectif mais prétend à l'**universel** : on dit « c'est beau », non « ça me plaît à moi seul ».
Le **sublime** (Kant, Burke) : ce qui **dépasse** notre représentation (tempête, montagnes immenses), mêlant effroi et admiration.
**Bourdieu** (La Distinction) : le **goût** est socialement construit — il marque l'appartenance de classe.
Exemple
**Kant** (Critique de la faculté de juger, 1790) : le plaisir esthétique est **désintéressé** — je ne désire pas posséder ou consommer la rose que je trouve belle. C'est ce désintéressement qui distingue le **beau** de l'**agréable**, qui dépend, lui, des goûts de chacun.
Piège à éviter
Ne confonds pas le **beau** et l'**agréable** : l'agréable (un plat, une température) est purement subjectif et ne prétend pas valoir pour autrui ; le **jugement de goût**, lui, réclame l'assentiment de tous, sans pouvoir le démontrer.
Pendant des siècles, l'art a été pensé comme **imitation** (mimesis) du réel. **Platon** le condamne pour cela ; **Aristote** y voit au contraire un perfectionnement de la nature. Mais l'art moderne, de l'**impressionnisme** à l'**abstraction**, rompt avec la représentation : l'art **crée** plus qu'il ne copie.
**Platon** (République X) : l'art est **mimesis** — le peintre copie un lit, déjà copie de l'**Idée** de lit : triple éloignement du vrai.
**Aristote** (Poétique) : l'art imite la nature mais la **perfectionne** ; la tragédie purge les passions par la **catharsis** (Oedipe Roi de Sophocle).
Le **classicisme** (XVIIe) : imitation **idéalisée** de la nature — Les Ménines de Vélasquez, les tragédies de Racine.
Le **romantisme** (XIXe) : l'art exprime les **émotions** individuelles — La Liberté guidant le peuple de Delacroix (1830).
L'**impressionnisme** : Monet (Impression, soleil levant, 1872) peint la **lumière**, non les objets.
L'**art abstrait** (Kandinsky, Mondrian) : l'art se libère totalement de la **représentation** figurative.
L'art ne se réduit pas à l'imitation : il **invente** et transforme notre perception du monde.
Exemple
**Platon** (République, X) : le peintre qui représente un lit copie l'objet fabriqué par l'artisan, lui-même copie de l'**Idée** de lit. L'art est donc « copie de copie », au **troisième degré** d'éloignement du vrai — d'où la méfiance de Platon envers les artistes.
Piège à éviter
Ne prends pas la **mimesis** pour un simple « copier-coller » du réel : même imitatif, l'art **choisit**, idéalise et met en forme. Et l'art moderne montre qu'imiter n'est pas son essence — une toile de Kandinsky ne représente rien et reste de l'art.
L'art doit-il **servir** à quelque chose — émouvoir, dévoiler, militer — ou se suffire à lui-même ? Et qu'est-ce qui fait qu'un objet **est** une oeuvre d'art ? De **Hegel** à **Duchamp**, l'art contemporain déplace sans cesse la frontière entre l'oeuvre et l'objet ordinaire.
**Hegel** : l'art est l'**expression sensible de l'Esprit** — trois stades : symbolique (pyramides), classique (sculpture grecque), romantique (peinture, musique).
**Heidegger** (L'Origine de l'oeuvre d'art) : l'oeuvre **révèle une vérité** — les Souliers de Van Gogh dévoilent le monde du paysan.
**Art engagé** (**Sartre**, Qu'est-ce que la littérature ?) : l'artiste est **responsable** (Guernica de Picasso, 1937).
**L'art pour l'art** (Gautier, Flaubert) : la **beauté** se suffit, l'art n'a pas à servir une cause.
**Duchamp** et le **ready-made** : Fontaine (1917), un urinoir signé — tout objet peut devenir art selon le **contexte institutionnel**.
**Warhol** et le **Pop Art** : les boîtes de soupe Campbell (1962) intègrent la culture de masse.
Question actuelle : **qui** décide ce qui est art — le marché, les musées, l'artiste, le public ?
Exemple
**Duchamp** (Fontaine, 1917) : un urinoir industriel, retourné et signé « R. Mutt », exposé comme oeuvre. Ce n'est plus le **savoir-faire** ni la **beauté** qui font l'art, mais le **geste** de l'artiste et le **cadre institutionnel** (musée, galerie) qui le légitime.
Piège à éviter
« Ça ne représente rien » ou « c'est laid » ne prouve pas que « ce n'est pas de l'art » : depuis Duchamp, ni la **beauté** ni la **ressemblance** ne définissent l'oeuvre. La vraie question est celle des **critères** et de l'**institution** qui les fixe.
Les points clés à retenir sur L'art, extraits du quiz de révision.
Pour Platon, l'art est :
Réponse :
Une copie de copie (mimesis)
Dans la République (livre X), Platon considère que l'artiste imite le monde sensible, qui est lui-même une copie du monde des Idées. Un peintre qui peint un lit copie un lit matériel, qui est déjà une copie de l'Idée de lit : c'est donc une copie de copie, au troisième degré d'éloignement du vrai.
Kant pense que le jugement de goût est :
Réponse :
Subjectif mais prétend à l'universel
Dans la Critique de la faculté de juger (1790), Kant montre que quand on dit « c'est beau », on exprime un sentiment subjectif (ce n'est pas une propriété mesurable de l'objet), mais on prétend que tout le monde devrait partager ce jugement. Le beau plaît « universellement sans concept » — c'est un plaisir désintéressé.
Le ready-made de Duchamp montre que :
Réponse :
Tout objet peut devenir art selon le contexte
En 1917, Marcel Duchamp expose Fontaine, un urinoir industriel retourné et signé « R. Mutt ». Ce geste montre que ce n'est pas la beauté ou le savoir-faire qui fait l'art, mais le geste de l'artiste et le contexte institutionnel (musée, galerie). C'est une révolution dans la définition de l'art.
L'art engagé selon Sartre vise à :
Réponse :
Agir sur le monde et la société
Dans Qu'est-ce que la littérature ? (1948), Sartre affirme que l'écrivain est responsable de son époque et doit s'engager. L'art engagé utilise la création pour dénoncer les injustices — comme Guernica de Picasso (1937) qui dénonce le bombardement de la ville basque pendant la guerre civile espagnole.