Résumé synthétiqueFiche en 4 sectionsQuiz de 10 questionsGratuit, sans pub
Résumé
Le désir est une tendance consciente vers un objet que l'on imagine source de satisfaction. Il se distingue du besoin (nécessité biologique). Pour Platon, le désir naît d'un manque (mythe d'Aristophane dans Le Banquet : chaque être cherche sa moitié). Pour Spinoza au contraire, le désir est puissance d'agir et essence même de l'homme : 'Nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne, mais elle est bonne parce que nous la désirons.' Hegel montre que le désir humain est avant tout désir de reconnaissance par autrui (dialectique du maître et de l'esclave). La société de consommation crée des désirs artificiels (Marcuse). La question fondamentale : faut-il satisfaire, maîtriser ou sublimer ses désirs ?
Le **désir** est une tendance **consciente** vers un objet que l'on imagine source de satisfaction. Il se distingue du **besoin**, nécessité **biologique** limitée. Là où le besoin s'éteint une fois comblé, le désir, **culturel** et potentiellement **illimité**, renaît sans cesse. **Épicure** propose d'y mettre de l'ordre en classant les désirs.
Le **besoin** est **naturel**, **limité**, nécessaire à la survie (manger, boire, dormir).
Le **désir** est **culturel**, potentiellement **illimité** ; il vise un objet **imaginé** comme source de bonheur.
Un besoin satisfait **disparaît** ; un désir satisfait en **engendre** souvent un nouveau.
**Épicure** classe les désirs : **naturels et nécessaires** (à satisfaire), **naturels non nécessaires** (à modérer), **vains** (à rejeter).
Exemple
**Épicure** (**Lettre à Ménécée**) distingue trois sortes de désirs : **naturels et nécessaires** (manger quand on a faim), **naturels mais non nécessaires** (les mets raffinés), et **vains** (la gloire, la richesse illimitée). Le sage se contente des premiers : c'est ainsi qu'il atteint la tranquillité de l'âme, sans dépendre de ce qui lui échappe.
Piège à éviter
Ne confonds pas **besoin** et **désir**. Le besoin est une nécessité **vitale** qui cesse une fois satisfaite (la soif disparaît quand je bois) ; le désir vise un objet **imaginé**, se nourrit de l'attente et peut être **sans fin**. Beaucoup de copies ratent leur sujet faute de poser nettement cette distinction.
Une longue tradition, de **Platon** à **Schopenhauer**, définit le désir comme **manque** : on ne désire que ce que l'on n'a pas. Cette conception a une conséquence redoutable — si le désir est manque, il est **souffrance**, et le bonheur durable devient presque **impossible**.
**Platon** (**Le Banquet**, mythe d'**Aristophane**) : les humains, êtres doubles coupés en deux par Zeus, cherchent leur **moitié** perdue.
Le désir suppose un **manque** : on désire ce que l'on **n'a pas** (Platon).
**Schopenhauer :** le désir est **souffrance**, oscillation entre le **manque** (qui fait souffrir) et l'**ennui** (quand il est comblé).
Vision **pessimiste :** le bonheur est impossible, car le désir est un **tonneau percé** (mythe des Danaïdes).
Exemple
Dans **Le Banquet** de **Platon**, **Aristophane** raconte que les humains étaient à l'origine des êtres **doubles** que Zeus a coupés en deux. Depuis, chacun cherche sa **moitié** perdue : aimer, c'est désirer retrouver l'unité originelle. Le désir y apparaît comme la marque d'un **manque** fondamental, d'une incomplétude à combler.
Piège à éviter
Définir le désir comme **manque** n'est qu'**une** conception parmi d'autres, celle de la tradition platonicienne et de Schopenhauer. Elle débouche sur le **pessimisme**. Ne la présente pas comme une évidence : Spinoza, Nietzsche ou Deleuze la **contestent** vigoureusement.
À la conception du désir-manque s'oppose une tradition **affirmative**. Pour **Spinoza**, le désir n'est pas une absence à combler mais une **puissance** d'exister : l'**essence même** de l'homme. **Nietzsche** et **Deleuze** prolongent ce renversement — le désir **produit**, crée, affirme la vie.
**Spinoza :** le désir (**conatus**) est l'**effort de persévérer dans son être** — il est l'**essence même** de l'homme.
**Renversement spinoziste :** ce n'est pas parce qu'une chose est bonne que je la désire, mais parce que je la désire qu'elle me paraît **bonne**.
**Nietzsche :** la **volonté de puissance** — le désir est **affirmation** de la vie, énergie **créatrice**.
**Deleuze :** le désir n'est pas manque mais **production** — il crée du nouveau, il est **positif**.
Exemple
**Spinoza** (**Éthique**) opère un renversement radical : « nous ne désirons aucune chose parce que nous la jugeons bonne, mais au contraire nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous la désirons ». Le désir n'est donc pas attiré par une perfection extérieure : il est la **puissance d'agir** même de l'individu, sa façon d'affirmer son existence.
Piège à éviter
Le **conatus** de Spinoza n'est pas un caprice ou une simple envie : c'est l'**effort** par lequel chaque être tend à **persévérer dans son existence** et à augmenter sa puissance d'agir. Ne le réduis pas à un désir superficiel : c'est l'essence dynamique de tout être.
Le désir n'est pas une affaire purement individuelle : il se forme dans le rapport à **autrui**. Pour **Hegel**, le désir proprement humain est désir de **reconnaissance** ; pour **Girard**, il est **imité**. La société de consommation, selon **Marcuse**, sait fabriquer des désirs pour mieux nous **aliéner**.
**Hegel :** le désir humain fondamental est le désir de **reconnaissance** par autrui (dialectique du **maître et de l'esclave**).
**René Girard :** le **désir mimétique** — nous désirons ce que l'**autre** désire ; le désir est **triangulaire**.
**Marcuse :** la société de consommation crée de **faux besoins** qui **aliènent** l'individu.
La **publicité** fabrique du manque **artificiel** pour entretenir le désir — peut-on y **résister** ?
Exemple
**René Girard** (**Mensonge romantique et vérité romanesque**) montre que nos désirs sont **imités** : nous désirons un objet parce qu'un **autre** (le « médiateur ») le désire déjà. Le désir est ainsi **triangulaire** — sujet, modèle, objet —, ce qui explique pourquoi l'imitation engendre la **rivalité** et le conflit.
Piège à éviter
La **dialectique du maître et de l'esclave** (Hegel) ne porte pas d'abord sur l'économie : c'est une lutte pour la **reconnaissance**. Deux consciences s'affrontent, chacune voulant être reconnue par l'autre comme **libre**. Ne la confonds pas avec la simple analyse marxiste de l'exploitation au travail.
Les points clés à retenir sur Le désir, extraits du quiz de révision.
Pour Spinoza, le désir est :
Réponse :
L'essence même de l'homme
Spinoza définit le désir (conatus) comme l'effort de persévérer dans son être, essence positive de l'homme, et non comme un simple manque.
Le désir mimétique (Girard) signifie que :
Réponse :
On désire ce que l'autre désire
Pour René Girard, nos désirs sont imités : nous désirons un objet parce qu'un autre le désire, ce qui engendre rivalité et conflit.
Épicure recommande de :
Réponse :
Classer les désirs et rejeter les désirs vains
Épicure distingue trois types de désirs et recommande de ne satisfaire que les naturels et nécessaires, modérer les naturels non nécessaires, et rejeter les vains.
La dialectique du maître et de l'esclave (Hegel) montre que le désir fondamental est :
Réponse :
Le désir de reconnaissance
Pour Hegel, le désir proprement humain est le désir d'être reconnu par l'autre comme conscience libre et autonome.