Français — Le roman et le récit
Le roman du XVIIIe au XXIe siècle
Résumé
Le roman est le genre littéraire le plus souple et le plus populaire. Au XVIIIe siècle, le roman épistolaire triomphe (Les Liaisons dangereuses de Laclos, 1782 ; La Nouvelle Héloïse de Rousseau, 1761). Au XIXe siècle, le réalisme vise à représenter la société sans l'embellir : Balzac construit La Comédie humaine (plus de 90 romans et nouvelles, dont Le Père Goriot et Eugénie Grandet) pour peindre toutes les strates de la société française ; Flaubert dans Madame Bovary (1857) décrit avec une précision clinique l'ennui d'Emma Bovary victime de ses illusions romantiques ; Stendhal dans Le Rouge et le Noir (1830) analyse les ambitions sociales de Julien Sorel. Le naturalisme de Zola applique au roman une méthode scientifique : Les Rougon-Macquart (20 romans, 1871-1893) suivent une famille sur plusieurs générations pour montrer l'influence de l'hérédité et du milieu social. Germinal (1885) décrit la grève des mineurs du Nord avec une puissance épique. Au XXe siècle, Proust dans À la recherche du temps perdu (7 volumes) explore la mémoire involontaire. Camus dans L'Étranger (1942) crée Meursault, personnage indifférent dont l'absurde conduit au meurtre. Le Nouveau Roman (années 1950-60) déconstruit la narration : Robbe-Grillet, Sarraute, Simon. L'autofiction (Doubrovsky, Ernaux) brouille les frontières entre vie et fiction.